Lausanne dit oui à l’expérience du joint légal

Lors du Conseil communal de mardi soir, les élus lausannois ont donné leur feu vert à la Ville.

Sans surprise, les élus lausannois ont donné, mardi soir, leur feu vert à la Ville. Celle-ci pourra rejoindre le groupe formé par les grandes villes de Suisse qui souhaitent tester la consommation légale cannabis au travers de différents projets. Une fois finalisés, ils devront encore trouver grâce aux yeux de la législation fédérale.

Le débat a opposé gauche et droite, à l'avantage de la première, favorable au test. «Mener une réflexion sur la drogue? C'est inutile, car la Ville le fait déjà», lance le PLR Mathieu Blanc, qui se réfère à un groupe informel composé de plusieurs partis qui s'est réunis à quelques reprises autour de cette thématique. Pour sa collègue Françoise Longchamp, une forme de légalisation du cannabis ne laisserait pas les dealers sur le carreau puisqu'ils s'empresseraient de trouver une autre drogue à vendre. Plus à droite, l'UDC et le PLC ont également estimé la démarche comme «inutile» ou «déjà vue». Au centre, les voix se sont montrées partagées entre ouverture et fermeté.

A gauche, le constat général est l'échec de la répression. «À Lausanne, 3,1kg de cannabis sont consommés chaque jour et nous avons la responsabilité d'étudier et de maîtriser - avec d'autres villes - ce phénomène», indique le municipal socialiste Oscar Tosato. Selon les chiffres donnés mardi soir, «entre 40 et 60 tonnes» de cannabis sont consommés chaque année en Suisse. Soit un marché illégal voisin du demi-milliard de francs, que les villes veulent tenter d'encadrer.

«Le meilleur moyen de lutter contre les dealers de rue est de leur couper l'herbe sous le pied!» Le jeu de mot de Vincent Rossi (Les Verts) a fait sourire l'assemblée mais la plaisanterie n'en était qu'une demi. Et l'écologiste de poursuivre: «Continuer avec une recette qui ne donne pas de résultat est un signe de défaite, indigne de notre société.»

Soumise au vote, la décision de rejoindre le groupe de travail formé par les villes de Bâle, Berne, Genève et Zurich a été adoptée par 54 oui et 25 non.

Vlado AlonsoComment